Them Crooked Vultures – le phénomène rock de l’année 2009

Them Crooked Vultures est probablement le groupe qui aura marqué l’année 2009 en créant le « buzz » autour de la sortie de son premier album et de sa pré-tournée.  Retour sur le phénomène rock de l’année.

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De la genèse d’un « supergroupe »…

Depuis 2005 planaient des rumeurs à propos d’une collaboration entre Josh Homme (Queens Of The Stone Age / Kyuss), Dave Grohl (Nirvana / Foo Fighters) et John Paul Jones (Led Zeppelin). Dave Grohl était déjà habitué à fricoter avec les Queens of the stone age ; on se souvient notamment de sa présence derrière les fûts pour l’enregistrement de l’album désormais culte Songs for the deaf. Rien ou presque n’avait percé jusqu’à l’été 2009, lorsque le webzine californien Antiquiet, révèle la collaboration entre l’étoile montante du rock’n’roll (Josh Homme) et les deux éléphants (Grohl / Paul Jones). Véritable machine marketing, Them Crooked Vultures va littéralement créer le buzz durant les mois qui suivront l’annonce de leur formation. A chaque jour une nouvelle révélation : un extrait vidéo de quelques secondes, des photos du studio, un single en téléchargement puis l’annonce d’une tournée des festivals au compte-gouttes. Avant même la sortie de son premier album, le 17 novembre 2009, Them Crooked Vultures se sera produit sur les plus grands festivals sans aucune annonce. En France, le groupe se produira lors du Rock en Seine, sous le pseudo « Les Petits Pois ». A ce jour, Them Crooked Vultures est un exemple en terme de création et de fidélisation d’une communauté de fans : 109.000 fans sur Facebook, 18.000 abonnés Youtube (603.000 vues sur leur chaine), 24.000 followers sur Twitter et j’en passe….

Et côté musique ça donne quoi ?

On sait très peu de choses à propos de l’enregistrement de l’album. Difficile même de savoir si le groupe a investi l’habituel studio de Josh Homme, El Rancho De La Luna,  dans le désert californien. En revanche, l’on sait que les membres de Them Crooked Vultures ont organisé de nombreuses sessions de jam avant l’enregistrement. Il en ressort une musique spontanée aux élans de rock pure souche, années 70, où chaque titre représente un instantané émancipé de toutes contraintes réflexives. « No One Loves Me & Neither Do I », chanson introductrice de l’album, ou encore « Elephants » représentent tout à fait cette volonté de délivrer une musique immédiate et créative. La production vient renforcer des compositions brutes, sans réelles fioritures, en proposant un son jamais trop propre et en laissant la place au hasard, à l’instar des arrangements qui sont parfois surprenants, voire choquants, tant ils prennent à contrepied les habitudes de production de ces dernières années : guitares lead surexposées, voix limitée, retour à des instruments « insolites » comme le keytar, abondance de cordes et de claviers, …

Parfois difficiles à appréhender, ces chansons plus apparentées à du jam et à du délire de studio de répétition, sont complétées de véritables singles sans surenchère technique. « New Fang » et sa mélodie gentillette facilement entrainante, « Dead End Friends », chanson plus mélancolique et tendue, « Bandoliers » et son riff puissant, « Caligulove » à la rythmique tranchante. Josh Homme ne s’essouffle à aucun moment de lignes de chant incroyables tandis que le reste des musiciens réussit à fournir un groove imparable sur quasiment tous ces morceaux. Ainsi,  Them Crooked Vultures nous invite dans un univers musical puissant qui évite toute concision ; les titres principaux s’approchent à plusieurs reprises des 8min.

Them Crooked Vultures nous présente ainsi un album à contre courant, qui s’émancipe de ce que chacun de ses musiciens a pu produire par le passé. Pour ma part, Them Crooked Vultures a produit l’album de l’année et peut-être bien plus…

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